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AG DEPARTEMENTALE - ST VARENT - 24 MAI 2014

lundi 26 mai 2014, par webmaster

Il y a un an nous étions à Beauvoir sur Niort et nous nous réjouissions.
Nous étions heureux de voir stoppée la destruction systématique de notre École républicaine, heureux qu’une partie de nos revendications ait été enfin entendue,heureux et fiers de pouvoir participer à la refondation annoncée de notre École Publique, Obligatoire et Laïque.

Certains exprimaient quelques doutes, pointaient quelques insuffisances, quelques dangers même.
Pour ma part j’avais noté le risque que le temps périscolaire, enfin reconnu comme temps éducatif à part entière, soit négligé faute de moyens ou de volonté politique de certaines collectivités territoriales, ou accaparé par des sponsors généreux mais parfois mal intentionnés. Il me semble évident que seule l’Éducation Nationale peut garantir la Laïcité et la Gratuité du temps péri scolaire comme elle doit le faire pour le temps scolaire. Dans notre République toutes les équipes municipales ne sont peut être pas favorables à l’École que nous défendons. Je crois en outre que , dans un souci d’égalité et dans l’intérêt exclusif des enfants, le temps péri scolaire doit être obligatoire.

Et puis il y avait tout cet argent public qu’on continuait de distribuer aux écoles privées, cette parité qu’on leur accordait contre toute logique et en violation de la Laïcité de l’État. Et cette loi Carle et toutes les lois anti-laïques qui privaient l’École républicaine de fonds qui lui appartiennent et dont elle a grand besoin.

Mais nous voulions voir l’amorce d’ un changement de cap . Nous étions bien décidés à participer aux débats à venir et à tout faire pour être entendus.

Nous avons vu avec plaisir la Charte de la Laïcité et la devise républicaine s’afficher aux portes des Écoles publiques, nous avons constaté que de jeunes professeurs des écoles avaient reçu une formation qui leur permettait de parler de Liberté, d’Égalité, de Fraternité et de Laïcité à leurs élèves. Le train était en marche, dans la bonne direction cette fois et nous étions pleins d’espoir.

Puis nous avons commencé à être inquiets. Si dans de nombreuses communes les activités périscolaires se mettaient peu à peu en place grâce à la volonté des enseignants, des parents, des DDEN de chaque secteur et des élus locaux, elles se résumaient dans d’autres à une simple garderie. Les effectifs de maîtres supplémentaires annoncés tardaient parfois à venir. On continuait à parler de la nécessité de faire des économies et tout laissait penser que l’Éducation , comme la santé, ne serait pas épargnée.
Plus grave, dans le cadre de la fameuse recherche de rentabilité et de compétitivité destinée à remettre la France en bonne place dans le hit parade des nations et à plaire aux sacro saints marchés,madame Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, déclarait : « il faut enseigner l’entreprenariat dès l’École maternelle ». C’était donc cela ,dans l’esprit de certains, le but de cette fameuse refondation de l’École de la République : la mettre au service de l’économie, faire de nos enfants de bon producteurs et de bons consommateurs. Nous qui croyions que l’École Laïque devait instruire les élèves, leur apprendre le raisonnement autonome et l’esprit critique, et en faire les citoyens libres nécessaires au fonctionnement des institutions démocratiques de notre République, et non pas des machines à produire et à consommer au service d’une économie qui ne se développe que pour elle même.

Et la Laïcité, est elle épargnée ?
En mars 2012, sous un gouvernement que beaucoup d’entre nous accusaient de bafouer ce principe essentiel de notre Constitution, la circulaire Luc Chatel proclamait : « le principe de Laïcité de l’Enseignement et de neutralité du Service Public.....permet notamment d’empêcher que des parents ou tout autre intervenant manifestent par leur tenue ou leurs propos, leurs convictions religieuses, politiques ou philosophiques, lorsqu’ils accompagnent les élèves lors de sorties et voyages scolaires ».
En mai 2013, Benoit Hamon , notre nouveau ministre de l’Éducation Nationale, j’insiste sur ce terme , Éducation Nationale, déclare qu’il faut appliquer cette circulaire avec discernement et de manière apaisée. Ce sont les chefs d’établissements qui seront chargés de décider au cas par cas. Il ne faudra pas faire de vagues, surtout dans les quartiers à forte population musulmane. Notre République française laïque, une et indivisible où la loi doit être la même pour tous serait elle en train d’abandonner ses principes fondateurs ? La loi républicaine ferait elle place à des arrangements locaux entre groupes d’influence, entre communautés, désormais reconnues au mépris de la communauté nationale ? L’État serait il devenu si faible qu’il doive s’en remettre aux décisions de ces pauvres chefs d’établissements de nouveau placés en première ligne, pour endosser des responsabilités qui relèvent du législateur ?

« Oh rage Oh désespoir Oh vieillesse ennemie, n’ai je donc tant vécu que pour cette infamie ? »se lamentait Don Diègue . Je ne suis pas le père de Rodrigue, mais j’avoue que cette phrase me revient à la mémoire de plus en plus souvent devant le délitement des valeurs républicaines que nos parents et nos éducateurs nous ont enseignées et que nous voyons chaque jour disparaître au profit d’un idéal de pacotille imposé par la main pas si invisible que cela du marché.

Est ce une raison pour se décourager ? Pas du tout. Au contraire. Cent fois sur le métier remettons notre ouvrage. Nous savons bien que rien n’est jamais définitivement acquis. Les valeurs républicaines de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, de Laïcité, sont à reconquérir chaque jour . Le meilleur outil pour les maintenir en vie, c’est l’École Publique, seule école de la République. Elle a été inventée pour cela et a survécu aux attaques dont elle a si souvent été l’objet. Et notre rôle à nous DDEN, c’est précisément d’être vigilants et d’intervenir chaque fois que notre école nous semble en danger et c’est de nouveau le cas aujourd’hui.
Dans ce combat , car c’est un combat, nous ne sommes pas seuls.Les parents et les enseignants sont nos plus fidèles alliés. Et nous sommes soutenus le plus souvent par les élus et par les services académiques . Mais notre rôle reste essentiel car nous avons décidé, de notre propre volonté, sans aucune contrainte et sans autre ambition que l’intérêt des futurs citoyens que sont tous les enfants sans distinction, nous avons décidé de consacrer une partie de notre temps à la défense de l’École publique.
Nous n’en tirons aucune fierté, mais nous demandons avec insistance que notre voix soit entendueccar c’est la voix de la raison . Nous n’avons personnellement rien à gagner ni rien à perdre dans ce combat, nous faisons simplement notre devoir de citoyens.

Pour terminer, je voudrais vous remercier, vous qui êtes ici ce matin, et aussi ceux qui n’ont pas pu venir, pour votre dévouement à la cause de notre école publique.
Et aussi vous dire très simplement la fierté et le plaisir que j’ai de présider l’association des DDEN des deux Sèvres.

Gérard Pénit